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mardi, 05 avril 2016

Panama Papers : le FN également mouillé ?

Publié par Guy Jovelin le 5 avril 2016

Panama Papers : le FN également mouillé ?Panama Papers : le FN mouillé ? (Thibault Camus/AP/SIPA)

Le parti d'extrême droite figure-t-il dans la liste des évadés fiscaux révélée par les Panama Papers ? Frédéric Chatillon, un proche de Marine Le Pen, a pris les devant sur Facebook.

Le Panama va-t-il mettre à mal les espoirs présidentiels de Marine Le Pen et du Front national ? Le nom du parti de la famille Le Pen est évoqué dans le plus gros scandale d'évasion fiscale de l'histoire, les "Panama Papers", dévoilé par "Le Monde" et 106 journaux internationaux depuis dimanche 3 avril.

Interrogé par France Inter, le directeur du "Monde", Jérôme Fenoglio, a indiqué que son quotidien révélerait mardi "le nom d'un grand parti politique français" impliqué dans le scandale d'évasion fiscale où se côtoient déjà des responsables politiques de tous les continents, milliardaires en vue, pontes du football mondial ou anonymes. Plus loin dans l'interview, lorsqu'on lui demande malicieusement si le parti en question est un parti "national", le patron du "Monde"opine. 

Des révélations auxquelles le Front national a répondu plus tard dans la journée par l'intermédiaire un communiqué de presse lapidaire:

 
"Les prétendues 'révélations' autour du scandale des 'Panama Papers' n'ont fondamentalement rien de nouveau et sont symptomatiques des vices d'un système qui porte un nom bien connu : la mondialisation sauvage."

Le FN fait bloc

Contacté par "l'Obs", le trésorier du parti et conseiller régional d'Île-de-France Wallerand de Saint-Just réfute toute allégation de défense anticipée qui pourrait confirmer une implication de son parti politique dans cette affaire.

"Le communiqué ne préfigure en rien d'une stratégie de défense."

Pour le directeur de la communication du FN, Alain Vizier, le parti et sa patronne, Marine Le Pen, ne sont "absolument pas inquiets ni concernés".

Dans un communiqué publié lundi soir, le parti affirme n'être "pas impliqué dans l'affaire des 'Panama papers'" et prévient qu'il "ne tolérera pas que des amalgames soient faits sur son dos".

Frédéric Chatillon, le caillou dans la chaussure frontiste ?

Le patron de la société Riwal et proche de Marine Le PenFrédéric Chatillon a lui aussi pris les devants, sur d'éventuelles révélations et dédouané le FN, dans un billet publié sur Facebook.

"J'aurai droit demain [mardi] aux honneurs du Monde dans l'affaire de #Panamapapers ", écrit-il sur sa page Facebook, au sujet d'investissements réalisés en Asie.

"J'ai bien entendu mis à disposition de ces deux journalistes les documents prouvant la parfaite légalité de ces opérations", poursuit-il.

Riwal est une société qui réalise des prestations de communication pour des candidats FN. Son patron Frédéric Chatillon est mis en examen pour financement illégal de parti dans le cadre d'une enquête sur la présidentielle et les législatives de 2012.

Le rachat d'une société préexistante à Hong Kong

"Je vais prendre les devants pour m''auto-scooper' et éviter de laisser se développer d'extravagants fantasmes", explique, toujours sur son compte Facebook, Frédéric Chatillon.

"A l'automne 2012, les associés de la société Unanime et moi-même avons décidé d'investir en Asie une partie des bénéfices que la société avait déjà réalisés au cours de l'année 2011", détaille-t-il.

De fil en aiguille, "des conseils juridiques locaux nous conseillèrent fin 2012, plutôt que de créer une société ad hoc, de racheter une structure juridique préexistante, sans activité, et ce pour un prix symbolique, ce procédé de 'package' étant courant à Hong Kong.

"Il semble que cette BVI, [c'est-à-dire une société des Iles Vierges britanniques, British Virgin Island, NDLR] ait été créée à l'origine par le fameux cabinet Mossack Fonseca, mais nous n'avons jamais eu de contact direct avec celui-ci, tout ayant été géré par un cabinet Hong-Kongais", ajoute-t-il.

"Voilà l'histoire d'une entreprise française qui a investi en toute légalité en Asie. Bien évidemment, le Front nationaln'a rien à voir ni de près ni de loin avec cette affaire privée". 

La justice française ouvre une enquête préliminaire

Des déclarations qui seront vérifiées par la justice française. Cette dernière a ouvert, lundi 4 avril, une enquête préliminaire pour "blanchiment de fraudes fiscales aggravées", à la suite des révélations, a annoncé le parquet national financier dans un communiqué.

Les systèmes d'évasion fiscale dévoilés dans cette vaste enquête journalistique internationale sont "susceptibles de concerner des résidents fiscaux français", justifie le parquet financier à l'AFP. L'enquête est confiée à l'Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales (OCLCIFF).

Edouard Lamort

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/

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