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mardi, 06 novembre 2018

La Nouvelle-Calédonie reste française (pour l’instant)

Publié par Guy Jovelin le 06 novembre 2018

Rédigé par notre équipe le 05 novembre 2018.

Il y a des scrutins qui mobilisent beaucoup les électeurs, mais dont la presse se fout royalement. Celui sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie bat tous les records en la matière. Si près de 80 % des électeurs se sont exprimés – dont une majorité en faveur du « non » – les médias ont, eux, jeté leur dévolu sur les performances sportives du week-end. Tennis, football et voile ont éclipsé un scrutin aux enseignements lourds de sens pour la Nouvelle-Calédonie et la France.

Faut-il se réjouir de la victoire du « non » au referendum qui s’est tenu hier en Nouvelle Calédonie ? A près de 57 %, les électeurs venus nombreux dans les bureaux de vote (80 % de participation), ont choisi de rester attachés à la France. Il n’y aura donc pas d’indépendance pour cet archipel situé à 16 000 kilomètres de la métropole, mais cela n’est peut-être que partie remise. En effet, les accords de Nouméa signés en 1988 prévoient plusieurs scrutins quant à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. Une donnée qui a échappé à la plupart des observateurs qui comptaient sur une victoire massive du « non » pour enterrer définitivement la possibilité d’une indépendance arrachée dans les urnes.

Un président fier… mais fier de quoi ?

Mais avec seulement 57 % des suffrages recueillis, les promoteurs du statu quo font grise mine, car ils ne pourront pas faire fi de nouveaux scrutins au cours de la prochaine décennie. Le vote indépendantiste gagne de l’ampleur et montre que malgré tous les avantages à être soutenus par la métropole, la France ne fait plus rêver. Avec un tel score, une crise ou des propos mal placés peuvent suffire à claquer la porte au nez d’une France perçue comme trop lointaine et surtout étrangère à bien des habitants de Nouvelle-Calédonie.

Rien de surprenant à cela, puisque comme en métropole, la République peine à assimiler et à conquérir les cœurs. En cela, la Nouvelle Calédonie est terriblement française. Et quand on ajoute à ce triste raté, des scènes de violences nocturnes dans la nuit post-électorale, on peut dire sans trembler que la Nouvelle-Calédonie, c’est la France. Une réalité dont est « fier » notre cher président Macron qui a daigné sortir de son très long week-end pour se réjouir d’un résultat dont il n’est pour rien. Qu’aurait dit le cancre en histoire si les habitants de Nouvelle-Calédonie avaient majoritairement voté pour l’indépendance ? Macron se serait certainement satisfait d’un vote qui peut rendre « fières » les institutions démocratiques françaises… Macron est fier de tout et surtout de lui-même.

Agenda très chargé oblige, le président a donné la main au Premier ministre (qui était au Vietnam) pour aller promouvoir les bienfaits de la République française en Nouvelle-Calédonie. C’est le service après-vente pour les médias, mais certainement pas pour des habitants habitués à des passages éclairs qui ne débouchent sur rien de concret. Edouard Philippe aurait pu s’éviter le voyage et envoyer Mélenchon à sa place puisque le trotskiste de service est « la République ». Ah mais, c’était oublier que les Insoumis voient d’un mauvais œil les résultats du referendum. Ils auraient voulu l’indépendance et pouvoir dénoncer l’affreuse colonisation française au passage. Raté !

Les journalistes peuvent presque ranger leurs micros et caméras. Le spectacle est terminé et a même été supplanté dès hier par des images de sport. Tennis, football et route du rhum au programme d’un week-end qui restera plus marqué par la nouvelle désillusion de l’Olympique de Marseille que par la victoire du non au referendum en Nouvelle-Calédonie. Notre monde est ainsi, le politique est éconduit par le sport. Alors on peut d’ores et déjà crier « Vive les JO 2024 » avec ou sans la Nouvelle-Calédonie !

 

Source : 24heuresactu

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