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Les policiers de l'Hérault sont en colère contre la nouvelle loi permettant à un gardé à vue de s'entretenir avec une personne extérieure.
PHOTO D'ILLUSTRATION / PIERRE SALIBA
Ils dénoncent la nouvelle loi permettant aux gardés à vue de bénéficier de 30 minutes d'entretien avec une personne extérieure avant l'interrogatoire.
Selon nos informations, un collectif de policiers enquêteurs a adressé un rapport de demande de retrait de l'habilitation d'OPJ (officier de police judiciaire) de 250 agents au procureur général près la cour d'appel de Montpellier, jeudi 24 novembre après-midi.
Ce mouvement inédit de policiers en colère s'est structuré dans l'Hérault où il toucherait 75 % des OPJ (qui permet notamment de placer des suspects en garde à vue), provenant des services d'investigation comme les sûreté urbaine départementale, la Paf (police aux frontières) et le SRPJ.
Et cette colère se propage vitesse "Grand V" partout en France, dans le Gard, les P-O, Lyon ou Versailles. Il est à mettre en parallèle avec les manifestations spontanées des policiers depuis plusieurs semaines contre le manque de moyens et les violences à répétition dont ils sont la cible. Mais la problématique n'est pas la même.
Une loi allant "à l'encontre de l'enquête"
Ces policiers dénoncent les nouvelles conditions de garde à vue mises en place depuis le 15 novembre et la nouvelle loi (de lutte contre le terrorisme et la criminalité et le renforcement des garanties du justiciable), surtout sur un point. Une personne placée en garde à vue possède désormais un nouveau droit : celui de s'entretenir avec un tiers de son choix, par téléphone ou de visu, pendant 30 minutes, avant l'interrogatoire.
Certes sous la surveillance de l'OPJ qui doit également donner son aval. "Si évidemment, nous ne contestons pas les garanties de la défense dans un état de droit, nous pensons que certaines des dernières dispositions législatives vont à l'encontre de l'enquête et de l'intérêt des victimes qui représentent l'unique motivation de notre démarche" explique le collectif dans un communiqué.
Tout en se déclarant "apolitique et asyndical", le collectif précise : "Cette énième évolution de la garde à vue met en péril toutes nos enquêtes. Sachez que depuis le 15/11/2016, un an après les attentats de Paris et alors que la France est en état d'urgence, un terroriste peut s'entretenir avec une personne de son choix pendant une demi-heure". Pour ces enquêteurs, leur travail va encore s'alourdir dans le contexte actuel.
"Le législateur avait promis et prétendu simplifier la procédure. En réalité, celle-ci ne cesse de s'alourdir et de se complexifier par nombre d'écrits et de paperasseries aussi redondants qu'inutiles, risquant d'engendrer toujours plus de vices de procédure et d'aboutir à la remise en liberté des délinquants".
Dans un message posté sur Facebook, Laszlo Toroczkai, maire d'Asotthalom, un village situé près de la frontière serbe, a souligné les propositions adoptées par son conseil après une séance tenue le 23 novembre.
Tous les membres du conseil ont voté pour le nouveau règlement, deux membres seulement s'étant abstenus.
«Au lieu de passer son temps à chercher des boucs émissaires, je propose une solution immédiate, à savoir une défense réelle contre la réinstallation massive et forcée de migrants dictée par Bruxelles», a écrit le maire dans son post.
«Aujourd'hui, le conseil du village d'Asotthalom a adopté ma proposition : un ensemble d'actions visant à défendre notre communauté et nos traditions contre tout plan de réinstallation de réfugiés étrangers. Tout ce qu'il faut faire, c'est que les autres municipalités hongroises adoptent notre plan d'action préventive et que tous ensemble nous défendions notre patrie».
Les mesures mises en place par Laszlo Toroczkai incluent l'interdiction de la construction de mosquées et de tout autre lieu de culte qui «affaiblit l'Église catholique», l'interdiction de l'appel traditionnel à la prière du muezzin et l'interdiction de se couvrir le corps, la tête et le visage avec le hijab, le niqab, la burqa, ainsi que le burkini.
Protéger la Hongrie des deux instrus païens : l'invasion migratoire venue du sud et le libéralisme extrême venant de l'ouest
De plus, l'ordonnance interdit toute forme de «propagande publique» mettant en avant l'union de deux personnes de même sexe. Cette interdiction inclut «toute activité publique, performances, démonstrations, panneaux d'affichage, dépliants ou annonces audio».
Selon le maire, ces mesures sont censées protéger la Hongrie des «deux intrus païens», à savoir, les migrants venant du sud et le «libéralisme extrême» venant de l'ouest.
Laszlo Toroczkai appartient au parti populiste Jobbik, qui se revendique comme étant un protecteur des «valeurs et des intérêts hongrois». Le parti a souvent été accusé de racisme d'antisémitisme et d'homophobie.
«Je veux être un exemple pour d'autres autorités locales pionnières sur la façon de se protéger de l'invasion extérieure ou de toute autre intention subversive», a-t-il déclaré à la réunion du conseil, cité par le média delmagyar.hu.
La Hongrie est l'un des pays européens les plus hostiles à la vague migratoire venue d'Afrique et du Moyen-Orient, ainsi qu'aux demandeurs d'asile. Lors d'un référendum tenu en octobre et proposé par le président Viktor Orban, 98,3% des électeurs hongrois ont rejeté la politique de quotas obligatoires d'accueil de demandeurs d'asile mis en place par l'Union européenne. Cependant, le référendum n'a pas réussi à atteindre le taux de participation requis de 50%, en partie à cause d'un boycott de l'opposition.
Orban lui-même a fait un certain nombre de remarques sur le sujet, suggérant notamment que tous les réfugiés arrivés illégalement en Hongrie soient déportés dans des camps sur une île ou au large des côtes de l'Afrique.
Elle l'avait battu, humilié : la cour d'appel de Paris a condamné ce vendredi 25 novembre Zakia Medkour, 45 ans, à cinq ans de prison, dont deux ferme, pour avoir exercé des violences durant 15 mois sur son ex-compagnon, Maxime Gaget. En 2015, au moment de la sortie de son livre confession, nous l'avions rencontré.
Rencontre avec Maxime Gaget
[Février 2015] Il ne prononce pas une seule fois son prénom. Les mots « bourreau », « tortionnaire », « adversaire » ont remplacé le nom de celle qui l'a torturé pendant près d'un an. Dans le livre qui raconte son histoire, paru en février 2015 en librairie, Maxime - aujourd'hui âgé de 37 ans (39 en novembre 2016) - l'a rebaptisée Nadia.
Il la rencontre en 2007, sur Internet, à l'aube de ses trente ans. Vingt-neuf ans, célibataire, une déception amoureuse au compteur. Maxime est un garçon gentil, stable, sérieux, assez « discipliné », veut construire sa vie. Lors de leur première rencontre, Maxime est surpris. Nadia, un peu vulgaire, a des manières grossières et parle un peu comme un charretier. « Mike Tyson avec une perruque », plaisante-t-il. Malgré tout, il y a cette met sa chemise en lambeaux. Maxime ne frappe pas les femmes, il reste stoïque. Les enfants assistent à la scène. Consternation. « Dans tous les couples, il y a des hauts et des bas. Je me suis dit que c'était une erreur de parcours. Mais le miracle ne s'est jamais produit. » Elle recommence dès le 13 janvier. Un mois plus tard, Nadia explose : elle n'a pas eu le bijou qu'elle souhaitait pour la Saint-Valentin. Sans aucune illusion, Maxime comprend deux choses : « c'est terminé » et « je suis coincé ».
Nadia coupe les liens qui unissent Maxime au monde extérieur. Il ne peut appeler ses parents que pour demander de l'argent. Nadia pirate sa boîte mail, envoie des messages d'insultes à ses amis, à sa famille, détruit son téléphone portable.
Douche gelée, couteau et acide chlorhydrique
La déshumanisation de Maxime commence. Nadia casse ses lunettes, lui ordonne d'emmener et de récupérer les enfants à l'école. Pour déjeuner, elle ne lui donne que quatre euros. Les retards, les absences et sa mauvaise vue lui coûtent son emploi. Maxime est livré à temps plein à la perversité de son bourreau. Après s'être occupé des enfants, du ménage, des courses, Maxime est assigné à dormir sur un tapis de sol avec un blouson pour
attirance, inexplicable, magnétique. Après tout, « l'habit ne fait pas le moine ». La première nuit avec Nadia est sa première nuit d'amour. « Je n'oublierai jamais son sourire quand je le lui ai dit, se souvient-il. C'est un souvenir que je garde, malgré tout le mal qui a suivi. » Très vite, tout s'accélère, Maxime reçoit son diplôme d'informaticien avec les félicitations du jury. Nadia le presse de venir vivre avec elle et ses deux enfants à Paris. Il saute le pas. Trouve un travail et emménage dans cette grande pièce de 30 mètres carrés qui fait office de salon et de dortoir pour tout le monde. Le premier soir de son arrivée, alors qu'ils viennent de se coucher, Nadia lui saute dessus. Les enfants sont juste à côté. Premier choc. « Ma stupeur était telle que mon corps est resté figé. »
Plus de papiers, plus de carte bancaire, plus d'identité
Son corps commence à ne plus lui appartenir. Tout comme ses moyens. Rapidement, Maxime subvient aux besoins de la famille. Nadia, consommatrice compulsive, irréfléchie, paye tout avec sa carte bancaire, à lui. S'il la lui redemande, elle lui lance : « Qu'est-ce que tu veux faire ? » Elle lui prend sa carte d'identité, s'accapare son ordinateur portable pour occuper ses journées de chômeuse au RSA. « L'agresseur a suivi les mêmes étapes que dans les cas de femmes battues : séduction, chantage, possession des moyens et isolement social », détaille-t-il.
31 décembre 2007. Après quelques verres et joints, Nadia s'énerve. Se rue sur Maxime, enchaîne les claques et
couverture. Il est privé de douche et de toilettes. Un soir d'hiver, Nadia lui fait prendre une douche glaciale, fenêtre ouverte. « Comme des centaines d'aiguilles ». Quelques jours plus tard, pour « se rattraper », il a le choix entre une autre douche gelée ou une brûlure. Il tend docilement son avant-bras, sur lequel elle pose un couteau chauffé sur la plaque électrique et qui lui décolle la peau. Un autre jour, elle le frappe avec un manche à balai, lui assène plusieurs coups, fait du trampoline sur son ventre. C'est d'abord le goulot d'une bouteille d'acide chlorhydrique qui se retrouve plaqué sur ses lèvres, puis un couteau de 20 cm sous la gorge. Les enfants, témoins permanents, supplient leur mère, qui lâche prise.
Pourquoi Maxime, qui rêve de s'échapper, ne part-il pas ? Aucun enfant, aucun mariage, aucun amour ne le lie à Nadia. Il suffirait qu'il déclare avoir perdu ses papiers d'identité et sa carte bancaire, appelle ses parents pour qu'ils viennent l'aider. Nous sommes en 2015, en France, pays de la liberté. Un homme pourrait donc être l'esclave d'un autre, en plein Paris, dans l'invisibilité la plus totale, sans issue possible ? L'idée est aussi inconcevable que l'histoire insoutenable. Pourtant, Maxime reste. Tétanisé par la peur. Il est cerné de toutes parts. Tout d'abord, il y a les enfants. « Les coups auraient pu se reporter sur eux, je me devais de faire le tampon. » Il s'en souvient : Nadia n'a battu ses enfants qu'une fois. « Sa fille a perdu la vue pendant vingt minutes. J'ai dû nettoyer le sang par terre. » S'il part, elle l'accusera de pédophilie sur ses enfants. S'il parle, aux voisins, à la police, personne ne l'écoutera. « Mon adversaire m'avait dit qu'elle avait des relations dans la police et qu'elle connaissait des personnes dans les environs qui pouvaient m'épier et me surveiller à tout moment. »
Comme un esclave
Et puis il y a la honte, pesante, inavouable. Celle d'être un homme battu, de ne pas savoir comment réagir. « Si une femme battue se défend, elle va susciter l'empathie. Si j'avais touché Nadia, je serais passé pour un monstre. Ça aurait été sa parole contre la mienne. » En janvier 2009, Maxime débarque à l'hôpital avec le visage défiguré et la nuque ensanglantée. Il est opéré et connaît quatre jours de répit. Il essaie d'éveiller les soupçons de l'infirmière, mais rien. « Je ne pouvais le formuler, l'évoquer, c'était trop difficile. Mon adversaire avait implanté trop de verrous dans mon esprit. » Alors, en sortant de l'hôpital, Maxime retourne dans l'antre de Nadia. Comme un esclave.
Durant sa captivité, Maxime connaît de brefs moments de lumière. La mère de Nadia, qui habite le même immeuble, lui apporte des boîtes de conserve pour qu'il puisse mieux manger. Les enfants, après avoir participé aux maltraitances, se rangent de son côté. Quelques livres lui offrent des espaces d'évasion. Il se rappelle avoir lu Les Femmes savantes de Molière, les mémoires du maréchal soviétique Gueorgui Joukov, le vainqueur de la bataille de Stalingrad - « une histoire compliquée mais instructive ». Pendant tout ce temps, Maxime se croit seul. Il n'imagine même pas qu'il puisse y avoir d'autres hommes battus. « Mon isolement était complet. » Maxime vit dans sa tête, ne peut parler à personne. Quelques fois, Nadia convie un autre homme à dîner. Maxime est présenté comme cet « ami de la famille qui est en difficulté » et qu'elle aide gracieusement. « Aucun ne s'est posé la moindre question à mon sujet. » Même lorsqu'il est congédié et envoyé dans le local d'à peine deux mètres carrés pour les laisser tranquilles après le repas. Avant de ressortir le lendemain matin pour aller chercher les croissants.
Les voisins restent silencieux, les commerçants ne posent pas de questions. Au bout d'un an, Maxime ne sait même plus qui il est. « Je me rappelais mon nom, mon prénom, ma date de naissance. Mais après... Un zombie aurait été plus vivant. Les dernières semaines, je pensais de plus en plus au suicide, la suite n'avait plus d'importance. À quelques semaines près, c'était fini. »
La libération viendra, paradoxalement, de la famille de son « bourreau ». Après une énième bastonnade, les jumeaux de Nadia préviennent Maxime : « Notre oncle veut te prendre en photo, il l'enverra à ta famille. » Le lendemain, Maxime part faire les courses quotidiennes. Une fois dehors, il se retourne : son beau-frère le photographie, puis remonte rapidement chez lui. La famille de Maxime ne verra jamais cette photo. L'oncle les a appelés directement. Ses proches forment aussitôt un commando d'expédition pour aller le chercher à Paris, avec l'aide de la police. Le lendemain matin, deux agents débarquent à l'appartement. Nadia déclare qu'il n'y a personne. La pression monte. Elle demande à Maxime s'il portera plainte si elle le relâche. « Tu n'as rien à craindre », ruse-t-il. Nadia dévale les marches « quatre à quatre », rattrape les policiers dans la rue. « Eh ! Regardez, il est là ! »
"Elle m'a rendu en puzzle"
Maxime rentre avec sa famille à Angoulême en mars 2009. Direction l'hôpital. « Elle m'a rendu en puzzle, dans ma tête et dans mon corps. » Maxime passe huit fois sur le billard. Son nez est refait à 100 %, comme son oreille. Son œil droit ne se rouvre qu'au bout de quatre jours ; on remarque alors que sa rétine est décollée. Certaines marques ne sont pas parties, même six ans après. Entre ses sourcils, trois cicatrices forment un triangle. « Ça, c'est l'embout de la bouteille de javel qu'elle m'avait collé entre les yeux. Un peu de liquide est sorti, ça a mal cicatrisé. » Une infirmière de vingt ans de métier lui lance qu'il est « le deuxième cas le plus grave qu'il m'ait été donné de voir ».
Maxime ouvre les yeux. Il n'est pas seul. « Au moment même où nous parlons, des hommes se font martyriser, rabaisser plus bas que terre. Environ un homme meurt tous les treize jours sous les coups de sa compagne », assure-t-il, évoquant les chiffres de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales. Maxime porte plainte contre Nadia dès le lendemain de sa libération. Pour la première fois, il met des mots sur son histoire, face à deux agents de police consternés. « C'est trop gros pour nous. » Ils appellent en renfort huit autres policiers, un médecin légiste. « Là, ce n'est plus la même chanson. » Pendant sa convalescence, Maxime mène son enquête. « Il y avait des livres de psychologues sur le sujet des hommes battus et seulement quelques témoignages anonymes... Il fallait crever l'abcès, montrer que ce n'était pas un phénomène marginal mais bien un tabou. »
Cinq ans et demi plus tard, Maxime a fini son livre autobiographique. Il l'a écrit seul, pour que rien ne soit déformé, comme pour s'emparer totalement de son histoire, sans aucune influence extérieure. Ma compagne. Mon bourreausort le 12 février, huit ans jour pour jour après son licenciement. Comme si la vie se remettait enfin sur les rails. Depuis six ans, il ne travaille pas et vit chez ses parents. A eu deux histoires d'amour, qui se sont soldées par un échec. Mais « je n'ai rien abandonné de mes espoirs. L'avenir, je le vois très simplement : à deux », confie-t-il, tout sourire. Il a revu quelques fois Nadia, lors de confrontations devant le juge. Elle a perdu la garde des enfants après son dépôt de plainte. Le jugement est attendu en avril.
Maxime est prêt, il sait ce qu'il va entendre : ce n'est pas un « vrai homme », « un vrai homme se serait défendu ». Or lui ne se sent pas « moins homme » mais « plus complet ». « J'ai une vision de la masculinité différente. Un homme, ce n'est pas un ensemble compact truffé de testostérone. C'est un être humain, qui peut commettre des erreurs, avoir des faiblesses, des craintes, des doutes. Au même titre qu'une femme. »
Téléguidés par un donneur d'ordre retranché en zone syro-irakienne, les suspects déjà armés voulaient cibler des sites symboliques et se filmer en direct au moment de leur passage à l'acte. Ils ont été mis en examen et écroués ce vendredi soir. François Hollande a affirmé qu'une «attaque de grande envergure» avait été évitée.
«Un passage à l'acte imminent a été déjoué»: le procureur de la République de Paris, François Molins a confirmé que les terroristes interpellés dans la nuit de samedi à dimanche dernier à Strasbourg et Marseille voulaient frapper la France dès ce jeudi 1er décembre, au nom de l'État islamique. Ils ont été mis en examen et écroués ce vendredi soir pour «association de malfaiteurs en vue de la préparation de crime d'atteinte aux personnes».
Selon les derniers éléments de l'information judiciaire ouverte vendredi pour association de malfaiteurs et détention d'armes en relation avec une entreprise terroriste, cinq suspects sont au cœur d'un projet qualifié par François Molins de «mortifère». François Hollande, en déplacement à Nîmes pour assister à la sortie de deux promotions de gardiens de la paix, a salué le travail des services de renseignement, des policiers et des magistrats qui ont déjoué «une attaque de grande envergure».
Les quatre premiers suspects, interceptés dans le quartier de la Meinau à Strasbourg, sont des amis se connaissant de longue date. En apparence, ils n'ont rien des jeunes de cités fragiles, désœuvrés et en perte de repères qu'enrégimentent habituellement les réseaux terroristes. Yassine B, Français de 37 ans, animateur dans une école et inconnu des services, Icham M, Français de 37 ans, manutentionnaire ayant déjà six condamnations pour des faits de droit commun, Samir B., épicier franco-tunisien de 35 ans condamné à sept reprises et Zakaria M, franco-marocain de 35 ans sans emploi et au casier vierge étaient très prudents. Téléguidés par un donneur d'ordre retranché en zone syro-irakienne, ils communiquaient entre eux en réseau fermé grâce à une ligne spécialement dédiée.
Arsenal et allégeances à Daech découverts
Au même moment, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) avait appréhendé à Marseille Icham E., SDF âgé de 38 ans avant que ce dernier ne passe lui aussi à l'acte. Venant de débarquer dans la cité phocéenne, lui seul était connu des services spécialisés. Il avait été signalé pour radicalisation par les autorités du Portugal, où il résidait sous une fausse identité depuis l'automne 2013, après plusieurs voyages suspects dont l'un effectué vers la Turquie d'où il a été refoulé. Selon le procureur Molins, au moins trois des «opérationnels de Daech» ont manifestement eu la velléité de rejoindre la Syrie, notamment via Chypre, pour combattre sous la bannière de l'État Islamique.
Lors des perquisitions, les policiers ont retrouvé un arsenal, dont deux armes de poing de type Sig Sauer et Glock, deux pistolets automatiques, des lots de dizaines de cartouches de calibre 6.35 et 9 mm ainsi que certaines munitions de 38 spécial.
Des éléments saisis à Strasbourg ont en outre, d'après le procureur, «permis de découvrir des écrits très clairs d'allégeance à Daech et glorifiant la mort en martyr».
Une clef USB retrouvée chez Yassin B. recelait deux fichiers mettant en évidence, selon François Molins, la «possibilité d'une somme d'argent» ainsi que les coordonnées GPS d'une cache d'arme. À Marseille, Icham E. disposait de plus de 4281 euros et était sur le point d'acquérir un armement.
Ils envisageaient de se filmer en direct
S'il recevait des «instructions communes» et «précises» délivrées à partir des zones de combat via des applications cryptées, le quatuor de Strasbourg n'avait, au dernier stade des investigations, pas de lien direct avec le suspect de Marseille.
«Les exploitations techniques réalisées sur des éléments saisis lors de perquisitions à Strasbourg ont permis d'établir qu'une action était envisagée par le groupe strasbourgeois le 1er décembre sans qu'on puisse toutefois déterminer à ce stade la cible précise choisie parmi toutes celles que le groupe envisageait», a précisé le procureur, évoquant leur «volonté manifeste de trouver et repérer des cibles pour agir à très court terme».
L'examen du téléphone mobile de Yassine B. a notamment permis de mettre en évidence des recherches sur Google Map de lieux pouvant servir de sites à court terme.
Au total, une dizaine de sites symboliques - et régulièrement évoqués en cas de menace - ont fait l'objet de recherches numériques. Dans ce sordide inventaire à la Prévert, figure selon plusieurs sources le siège de la police judiciaire parisienne au 36 quai des orfèvres, le marché de Noël des Champs-Élysées, le parc d'attractions Disneyland Paris, des terrasses de cafés dans le nord-est de la capitale, une station de métro parisien et plusieurs lieux de cultes. A priori, si aucun repérage opérationnel n'a toutefois été mené, les membres de la cellule démantelée semblaient déterminés. La veille du coup de filet, Yassine B. et Icham M. avaient téléchargé l'application Périscope pour se filmer en direct devant les internautes.