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mardi, 14 novembre 2017

Suicides sur fond de malaise

Publié par Guy Jovelin le 14 novembre 2017

Les policiers et gendarmes réclament des mesures au ministre de l’Intérieur pour prévenir les suicides chez les forces de l’ordre. Gérard Collomb doit réunir leurs représentants dans la semaine.  Photo AFP

 
Les policiers et gendarmes réclament des mesures au ministre de l’Intérieur pour prévenir les suicides chez les forces de l’ordre. Gérard Collomb doit réunir leurs représentants dans la semaine. Photo AFP
 

Confrontés à une vague de suicides, les représentants des forces de l’ordre lancent un cri d’alarme. Et pointent notamment du doigt des conditions de travail de plus en plus pesantes, y compris pour la vie privée.

Ils et elles étaient gardien de la paix, commissaire, ou capitaine de police, exerçaient à Paris ou en province. En une semaine, huit membres des forces de l’ordre, six policiers et deux gendarmes, ont mis fin à leurs jours.

Plus de 60 suicides depuis janvier

Une vague de suicides dramatique, comme un symptôme du mal-être d’une profession confrontée à la violence au quotidien dans ses missions, éreintée, usée par les exigences sans cesse renouvelées de la lutte contre le terrorisme. Depuis le début de l’année, au moins 62 membres des forces de l’ordre se sont donné la mort, selon un décompte du ministère de l’Intérieur. Plus d’un par semaine, ce qui rappelle la série dramatique de l’année noire 2014 : 55 policiers et une trentaine de gendarmes s’étaient suicidés.

Usés professionnellement et pas de vie privée

Côté forces de l’ordre, si on est inquiet face à cette vague de suicides, on reste prudents. « Policiers et gendarmes sont très mobilisés sur la défense des autres depuis deux ans. Peut-être que cela les a amenés à moins se soucier d’eux-mêmes, mais peut-être que cela a également généré de l’usure », avance Céline Berthon, secrétaire générale du syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN). « Le métier n’est pas seul en cause, évidemment. Mais quand on est confronté dans son travail à toute la violence, et qu’en plus on n’a plus de vie privée, on a des policiers au bout du rouleau », détaille Yves Lefebvre, secrétaire général d’Unité SGP Police-Force ouvrière. « Chaque suicide est un cas particulier. Le travail intense demandé aux forces de l’ordre n’explique pas tout. Il y a des causes professionnelles et personnelles », abonde Frédéric Le Louette, de l’Association professionnelle nationale des militaires de la gendarmerie du XXIe  siècle (APNM GendXXI).

Mais pour les syndicats, la pression qui pèse sur les forces de l’ordre est nécessairement un facteur aggravant.

Ils évoquent pêle-mêle le « management dépassé », le travail de nuit, les week-ends de repos à la marge, les heures supplémentaires et les cycles de travail de plus en plus chargés, au nom notamment de la lutte contre le terrorisme. Ils dénoncent aussi le « dogme de la rentabilité et du chiffre », « la lourdeur de la procédure pénale », qui s’accompagne d’une charge grandissante du travail administratif.

« La menace terroriste a bouleversé nos méthodes de travail, et aujourd’hui, on est même encore plus menacés qu’il y a deux ans. Les policiers sont en première ligne », ajoute encore Yves Lefebvre.

Réponse du gouvernement

Hier matin, face à la grogne, le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé que le ministre de l’Intérieur allait recevoir l’ensemble des syndicats. « Nous demandons énormément aux policiers, aux gendarmes, aux militaires. Énormément », a reconnu le chef du gouvernement. Gérard Collomb a rappelé dans un communiqué que « la prévention des risques psychosociaux était une priorité », et a demandé une évaluation des mesures prises pour prévenir les suicides. Mais les syndicats attendent des mesures. « Une énième grand-messe pour dire que ça ne va pas, ça ne suffit plus. Nous syndicats, on sait ce qui ne va pas chez les policiers. Alors écoutez-nous », lance Yves Lefebvre. Qui n’exclut pas de « sécher » la réunion place Beauvau.

dimanche, 29 octobre 2017

A Toulouse, la police vous offre une heure de garde à vue supplémentaire !

Publié par Guy Jovelin le 29 octobre 2017

Insolite

 A Toulouse, la police nationale vous propose une heure de garde à vue supplémentaire !/ Photo DDM illustration, Thierry Bordas

A Toulouse, la police nationale vous propose une heure de garde à vue supplémentaire !/ Photo DDM illustration, Thierry Bordas
La police nationale, à Toulouse, ne manque pas d'humour. Elle a tenu à rappeler à la population le changement d'heure, la nuit prochaine, dans un tweet au message un brin taquin, tout en appelant, bien sûr, à la prudence: "@PoliceNat31 vous propose 1 heure de garde à vue en plus cette nuit à nos côtés en cas d'infraction ! Restez prudents !" Quand prévention rime avec humour... Avis aux amateurs donc !
 

@PoliceNat31vous propose 1 heure de garde à vue en plus cette nuit à nos côtés en cas d'infraction!
Restez prudents!

Le changement d'heure est régulièrement critiqué notamment pour ses effets négatifs. Selon la Sécurité routière, la nuit tombant plus tôt au moment de la sortie des classes ou des trajets travail-domicile, "chaque année, le passage à l'heure d'hiver provoque un pic d'accidentalité routière de +47% pour les piétons en fin de journée", c'est-à-dire sur le créneau 17-19 heures.

 

A ce sujet, une campagne d'information et de prévention des accidents liés à la baisse de luminosité en fin de journée consécutive au changement d'heure a été lancée pour la deuxième année par la Sécurité routière, la Fédération nationale des syndicats d'agents généraux d'assurance (Agéa) et France Bleu.  

La France et les autres pays de l'Union européenne vont revenir à l'heure d'hiver dans la nuit de samedi à dimanche, offrant une heure de sommeil en plus. Dimanche à 3 heures (heure d'été), il sera 2 heures (heure d'hiver) en France. Il faudra donc penser à reculer d'une heure les horloges à réglage manuel. En France, le dispositif existe depuis 1976.

jeudi, 20 juillet 2017

Une voiture de police à nouveau percutée par une conductrice au Mirail

Publié par Guy Jovelin le 20 juillet 2017

C'est la deuxième fois en une semaine qu'une voiture de police est percutée volontairement par un automobiliste à Toulouse./ Photo DDM archives
C'est la deuxième fois en une semaine qu'une voiture de police est percutée volontairement par un automobiliste à Toulouse./ Photo DDM archives

Hier vers 18 heures, dans le quartier Bellefontaine à Toulouse, un véhicule a percuté volontairement une voiture de police. La conductrice du véhicule qui circulait sans plaque d’immatriculation a d’abord refusé un contrôle policier. Ayant pris la fuite, elle s’est ensuite retrouvée coincée dans un embouteillage où elle a percuté une première fois la voiture de police avant de s’engager dans une impasse. Bloquée et voulant fuir à nouveau elle a percuté une deuxième fois la voiture de police.

Les forces de l’ordre se sont alors portées à sa hauteur et après avoir brisé la vitre conducteur ils ont procédé à l’interpellation de la conductrice.

Pour le syndicat Unité SGP Police, "cette nouvelle affaire de violences volontaires à l’encontre des forces de l’ordre, assortie de refus d’obtempérer démontre la récurrence et l’inquiétante banalisation de cette violence du quotidien subie par les forces de l’ordre face à des personnes qui prennent tous les risques pour se soustraire à un contrôle". Le syndicat demande "la plus grande fermeté à l’encontre de la conductrice".

S. MC. 

Source : ladepeche

dimanche, 21 mai 2017

Pays-Bas: Le chef de la police d’Amsterdam veut autoriser le voile musulman et la kippa pour les policiers: « La population d’Amsterdam est en train de changer. »

Publié par Guy Jovelin le 21 mai 2017

Pieter-Jaap Aalbersberg

Christian Hofer: A noter que lorsque "l'extrême droite" dénonce ce remplacement de la population, tous les bien-pensants s'offusquent et parlent de "fantasme".

Mais lorsque cela est revendiqué par un chef de police pour modifier l'équipement de la police et le recrutement, cela devient une preuve "d'ouverture". Ou comment les Européens sont pris systématiquement pour des imbéciles...

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Le chef de corps de la police d'Amsterdam a provoqué aujourd'hui une levée de boucliers aux Pays-Bas pour avoir proposé d'autoriser le voile musulman ou la kippa juive pour les policiers.

Au moins six grands partis politiques se sont opposés dans la presse au projet du commissaire Pieter-Jaap Aalbersberg d'introduire le voile pour l'uniforme de police féminin ou de la kippa pour les policiers en vue de diversifier les autorités de maintien de l'ordre public dans la capitale néerlandaise, selon la presse.

M. Aalbersberg avait annoncé hier son intention renforcer le multiculturalisme au sein de la police d'Amsterdam, souhaitant qu'au moins la moitié des nouvelles recrues aient des origines autres que néerlandaises.

Il voulait donc autoriser les agents de police à porter des symboles religieux. "La population d'Amsterdam est en train de changer", a-t-il dit, interrogé par quotidien populaire Algemeen Dagblad. "Cela doit être débattu", selon lui.

Plus de la moitié (52%) des résidents d'Amsterdam sont d'origine non-néerlandaise, selon M. Aalbersberg, ce qui n'est pas reflété dans la composition de la police de la ville où 18% des agents sont d'origine étrangère.

Mais de grands partis politiques, dont les libéraux du VVD, qui ont remporté le plus de sièges aux législatives de mars, les progressistes D66 et le Parti socialiste (SP), sont immédiatement montés au créneaux pour dénoncer le projet.

"Nous soutenons un élan vers plus de diversité, mais autoriser le voile n'est pas la bonne manière de le faire", a réagi la députée VVD Ockje Tellegen. "Il est faux de dire que des tas de femmes écartent une carrière dans la police juste parce qu'elles n'ont pas le droit de porter le voile."

Pour le député SP Ronald van Raak, "Amsterdam ne peut pas décider de faire les choses différemment": "le même uniforme de police est porté à travers tout le pays", a-t-il souligné.

En 2011, la police néerlandaise a adopté un code de conduite qui interdit de porter tout symbole religieux "étant donné que cela ne cadre pas avec la neutralité de la police".

"Il est important qu'un officier de police projette une image de neutralité pour son autorité et sa sécurité", a souligné le ministre sortant de la Justice et de la Sécurité Stef Blok.

Source

jeudi, 04 mai 2017

En Essonne, les policiers épuisés par les cadences multiplient les burn-out

Publié par Guy Jovelin le 04 mai 2017

 
Illustration. 35 agents des commissariats de Sainte-Geneviève et Arpajon s’étaient mis en arrêt ces dernières semaines pour burn-out. Même si certains ont repris le travail depuis peu, c’est la conséquence des rythmes de travail dans la police française. (LP)

Les cycles imposés aux policiers ne leur permettent d’avoir qu’un week-end de repos toutes les six semaines. Du coup, les arrêts de travail se multiplient chez les agents en colère.

Le problème est national mais il touche particulièrement l’Essonne. La Cour de justice de l’union européenne a taclé le rythme de travail imposé dans les commissariats de France. Aujourd’hui, dans la majorité des services de police secours, les agents ne profitent d’un week-end entier de repos qu’une fois toutes les six semaines. Dans un sondage lancé auprès de tous les fonctionnaires, ils ont voté à 90% pour un cycle leur permettant d’être au repos un week-end sur deux. Mais ce nouveau rythme nécessite des renforts supplémentaires. « Le problème, c’est qu’en Essonne presque tous les commissariats sont en sous-effectif et on ne peut pas le mettre en place », commente Claude Carillo du syndicat Alliance.

Dans le département, l’hôtel de police de Juvisy, qui a bénéficié de renforts après l’agression de quatre agents aux cocktails Molotov en octobre 2016, devrait être le seul à bénéficier de cette réforme à la rentrée. « Dans ceux de Sainte-Geneviève et Arpajon, l’administration a fait miroiter la possibilité de profiter de ces nouveaux cycles mais ça ne devrait pas se faire », regrette Olivier Michelet du syndicat Unité-SGP. Déçus, les policiers affectés aux patrouilles dans ces deux villes ont donc massivement déposé un arrêt de travail (voir ci-contre). « Nos collègues n’en peuvent plus, il faut voir l’impact de ces horaires sur leur vie privée », déplore Claude Carillo d’Alliance. 

Contactée, la préfecture n’a pas pu communiquer en période électorale. Et si au sein de la direction de la police on assure que « rien n’est figé», les syndicats déplorent « le manque de volonté de l’administration. » « Il y a plusieurs milliers de policiers qui sortent d’école chaque année. Il suffirait d’en affecter 200 sur l’Essonne pour faire face à l’urgence », reprend Claude Carillo. En Ile-de-France, selon Unité-SGP, « seuls les commissariats de Juvisy mais aussi de Mantes-la-Jolie, Les Mureaux et Versailles (Yvelines) » feront partie des heureux élus.

« On demande juste à avoir une vie privée normale »

C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. A un ou deux policiers près, les nouveaux cycles de travail réclamés par tous les policiers de France ne seront sans doute pas appliqués aux commissariats d’Arpajon et de Sainte-Geneviève. « Parce que nous sommes en sous-effectif, soupire Stéphane* en poste depuis une dizaine d’années à Sainte-Geneviève. Pourtant, ça nous changerait la vie de pouvoir profiter de nos enfants, d’avoir un week-end sur deux au lieu d’un sur six actuellement. » Du coup, sur la trentaine d’agents police secours dans ces deux villes, 10 sont en arrêt de travail pour burn-out à Sainte-Geneviève et autant à Arpajon. « Certains ont repris ces derniers jours », indique-t-on à la direction départementale de la police.

« On a tous des centaines d’heures supplémentaires qu’on ne peut pas récupérer. Dans chaque équipe on est à flux tendu, reprend Stéphane. On demande juste à pourvoir avoir une vie privée normale. Après les événements de Viry (NDLR : des policiers avaient été brûlées vifs en octobre 2016), personne n’est venu en renfort dans notre commissariat. Ces arrêts de travail c’est le seul moyen de se faire entendre. » Comme ses collègues, Stéphane se dit fatigué. « On serait plus efficace si on était mieux dans nos têtes, reprend-il. Beaucoup de mes collègues divorcent parce que nos horaires ne sont pas compatibles avec une vie de famille. »

*Le prénom a été modifié

  leparisien.fr