Les frappes punitives américaines contre l’armée syrienne et le gouvernement de Bachar- al-Assad, outre qu’elles ont un but médiatique et d’être une démonstration de force tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, indiquent surtout un revirement soudain et total de Trump au Moyen-Orient qui implique un changement important au sein de l’entourage du nouveau président des États-Unis.
Steve Bannon, un des conseillers controversés de Trump, son ancien directeur de campagne, celui que l’on surnomme son « éminence grise », ancien patron du site d’informations Breitbart News qualifié « d’extrême-droite » par les médias du système, a été évincé ces derniers jours. Il a été démis, début avril, de ses fonctions de stratège en chef au sein du Conseil national de sécurité.
Or Steve Bannon défend une stratégie de non-intervention en Syrie, celle-ci étant considérée contraire à la doctrine de l’« America first », l‘Amérique en premier, alors que le gendre juif très écouté, et de plus en plus écouté, de Donald Trump, Jared Kushner, est partisan d’une offensive contre le régime syrien de Bachar al-Assad :
« La politique qu’il [Jared Kushner, ndlr] préconise est l’inverse de celle de Steve Bannon. Il est pour une politique assez traditionnelle aux Etats-Unis : intervenir à l’extérieur, aider les pays alliés et notamment Israël – dont il est très proche en tant que juif orthodoxe. Avec le groupe de gens influents autour de lui – comme Steven Mnuchin, le ministre du Trésor, David Friedman, l’ambassadeur américain en Israël ou même Steven Miller, qui est un autre conseiller très puissant auprès de Donald Trump – ils ont tous soutenu un changement d’attitude fort »
explique l’historien Jean-Eric Branaa dans un entretien à RT France.
Ivanka Trump, l’épouse de Jared, s’est d’ailleurs dite «être fière » de son père pour sa décision de bombarder la Syrie. Pourtant cette décision a été à l’encontre de toutes les déclarations précédentes de Trump durant sa campagne présidentielle : à plusieurs reprises il avait assuré qu’avec lui il n’y aurait pas d’intervention en Syrie ni de pressions pour faire partir Bachar al-Assad. Il s’était nettement démarqué des thèmes fondamentaux des néo-conservateurs américains, les fameux faucons, favorables à l’interventionnisme militaire destiné, en résumé, à organiser l’hégémonie américaine sur le monde et sur un nouvel ordre mondial fondé sur le consensus moral « plus jamais Auschwitz ».
«Le néo-conservatisme a réorienté la politique américaine dans le sens d’uninternationalisme et d’un messianisme démocratique. Le néo-conservatisme est né sur le principe de « plus jamais Auschwitz ». Les néo-conservateurs disent vouloir un nouvel ordre international qui soit celui de la liberté, selon les conceptions qui ne sont pas venues de Kant et de Wilson, auxquels ils reprochent l’impuissance, mais qui prennent leur source dans des écrits deMoïse Maïmonide. (…) Ils soutiennent Israël. Leur credo est l’interventionnisme. Les États-Unis doivent être reconnus comme la nation-phare des droits de l’homme et exporter la démocratie et la liberté partout dans le monde si besoin par la force. (…) Parmi les idées emblématiques des néo-conservateurs, on peut citer la théorie du « chaos créateur » » peut-on lire sur la fiche Wikipédia qui leur est consacrée.
Si l’élection de Donald Trump avait semblé marquer un reflux de l’emprise du néo-conservatisme sur la politique américaine, cette accalmie aura été de courte durée. Le courant globaliste et interventionniste domine à nouveau à la Maison Blanche. Et on a vu quels résultats il a obtenu en Irak : destruction, terrorisme international, création de l’organisation État islamique, mort et anarchie… « le chaos créateur » en somme !
Les faucons sont de retour !
Francesca de Villasmundo
Source :medias-presse.info





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Les bonnes dispositions affichées par le nouveau président des Etats Unis à l’égard de la Russie auront fait long feux, torpillées en quelques minutes par une salve de tomahawks lancés contre la base aérienne de l’armée syrienne de Shayrat. Faisant fi de ses promesses électorales, le nouveau locataire de la Maison Blanche quelques semaines après son élection renoue donc avec la désastreuse politique d’agressivité conduite par ses prédécesseurs au Proche Orient. Après avoir transformés en champs de ruines l’Irak et la Lybie, des nations jadis prospères, aujourd’hui en voie de balkanisation, les promoteurs États-uniens de la politique du chaos organisé au Proche Orient, déboussolés un moment par les revers à répétition essuyés en Syrie par les groupes rebelles islamistes , auraient donc recadré David Trump en lui faisant comprendre que le « job » n’était pas fini. Autrement dit que la Syrie devait à son tour abandonner ses rêves de Nation souveraine et indépendante et son peuple renoncer à l’espoir de retrouver son unité dans un pays dont le morcellement reste inscrit sur l’agenda de l’état profond Etats-uniens. Cette brutale intervention prouve si besoin était que le fil conducteur de la politique d’ingérence américaine au Proche orient reste marqué par la volonté des USA de ne pas se laisser damer le pion par de nouveaux acteurs sur un échiquier qui doit rester leur chasse gardée. Quitte à laisser les groupes rebelles prendre leur part du job en fermant les yeux sur le génocide dont les chrétiens d’Orient sont victimes.
Pour la première fois depuis le début de la guerre en Syrie, l’armée américaine a frappé l’armée syrienne.